Presse : Gérard Onesta à fond derrière José Bové 🗓

Article La Dépêche du Midi – 21/05/2014

ÉLECTIONS EUROPÉENNES

« Gérard Onesta à fond derrière José Bové »

Parlementaire européen pendant de nombreuses années, vice-président du Parlement de 1999 à 2009, Gérard Onesta sait de quoi il parle quand il évoque une élection « historique ». Ce n’est pas seulement parce que José Bové, tête de liste d’Europe écologie-Les Verts pour le grand sud ouest, est candidat à la présidence de la commission, ce qui est historique pour le parti, mais surtout le fait que cette présidence dépende désormais du choix des électeurs. Et ça, c’est historique pour l’Europe. Une nouvelle donne instaurée par le traité de Lisbonne qui donne un nouveau poids à l’expression démocratique dans une institution souvent accusée de ne pas tenir compte des citoyens européens.

Quel sera le résultat d’Europe écologie au soir de l’élection ? Gérard Onesta attend « un score à deux chiffres ». Entre des partis conservateurs tenant d’une « Europe à bout de souffle, incapable de se réinventer en dehors de la dérégulation et la casse des services publics » et des forces populistes qui pourrait amener « un parlement improbable qui ne pour-rait pas travailler », il reste « ceux qui sont pour l’Europe mais qui veulent que ça change, c’est-à-dire nous. » Au lendemain de l’élection, les forces en présence vont se compter, des alliances pourront se nouer. « C’est là qu’on verra si les mentalités ont changé, il faut espérer que le conseil européen n’aura pas une lecture ancienne du traité, et si c’est le cas il faut espérer que le parlement saura mettre le poing sur la table. Le nouveau président de la commission devra être le reflet de l’expression démocratique. » L’ancien député redoute également « un partage du gâteau par les deux éléphants affaiblis » que sont le Parti populaire européen et l’Alliance progressiste des socialistes et des démocrates. Quelle que soit l’issue, le futur président de la commission devrait pouvoir s’appuyer sur une légitimité politique qui faisait défaut à son prédécesseur José Manuel Barroso.

Mais il restera tout de même du chemin à faire pour rapprocher les citoyens européens de l’institution européenne. Pour Gérard Onesta cela passe par « Une vraie constitution votée par une assemblée constituante composée d’élus qui ne soient pas les députés européens. On n’a plus le choix, il faut retourner devant le peuple et signer ce contrat de confiance avec lui. » Qui pourra impulser cette orientation ? Pourquoi pas José Bové qui, depuis son élection en 2009, n’a pas ménagé sa peine. « José m’a remplacé et il ne m’a pas fait honte, il a ouvert des dossiers que personne ne voulait ouvrir et il incarne parfaitement l’Europe telle qu’on l’aime ; une Europe qui est in-dispensable mais une Europe qu’il est indispensable de changer. Et s’il n’est pas élu président de la commission européenne, il ferait un très bon président », constate Gérard Onesta.

P. F.

Le groupe Les Verts-Alliance libre européenne est le seul groupe à présenter deux candidats à la présidence de la commission ainsi l’Allemande Franziska Keller est au côté de José Bové.

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